MATTHIEU CHAPITRE HUIT

par Watchman Nee


Verset 1 : « Et quand il fut descendu de la montagne, de grandes troupes le suivirent. » Ce verset devrait être rattaché directement à la fin du chapitre sept.

Verset 2 : « Et voici, un lépreux vint et se prosterna devant lui, en lui disant : Seigneur ! Si tu veux, tu peux me rendre net. » En lisant les autres évangiles, on peut savoir que ce lépreux a été guéri avant que le Seigneur ne délivre les enseignements sur la montagne. Contrairement à l'évangile de Marc, l'évangile de Matthieu n'est pas écrit en suivant strictement l'ordre chronologique des événements.

Chaque auteur des évangiles avait ses propres caractéristiques en arrangeant l'ordre des événements. Matthieu rapporte les actions et les paroles du Seigneur, alors que Marc rapporte essentiellement les actions du Seigneur et très peu des paroles du Seigneur. Ceci est dû au fait que Marc présente le Seigneur comme étant un esclave. Un esclave ne doit pas tellement parler. Marc utilise souvent le mot « immédiatement, » alors que Matthieu utilise surtout le terme « le royaume des cieux » — celui-ci apparaît trente-trois fois dans cet évangile. Puisque le mot « immédiatement » est souvent utilisé par Marc, tout ce qui est rapporté dans le livre est présenté dans l'ordre chronologique. Pour cette raison, parmi les quatre évangiles, l'évangile de Marc est le plus précis en ce qui concerne l'ordre chronologique des événements. Concernant l'ordre chronologique, Marc est plus précis que Luc, et Jean est plus précis que Matthieu. Les termes qui sont souvent utilisés par Jean sont  « le jour suivant » ou « le second jour. » Ainsi, l'ordre chronologique dans Jean est davantage respecté que dans Matthieu.

Matthieu, Marc et Luc s'intéressent particulièrement avec les événements qui se sont produits pendant que le Seigneur était en Judée; Jean relate essentiellement les choses qui se sont produites pendant que le Seigneur était en Galilée. Bien sûr, cela n'est une tendance générale. L'ordre respecté par Luc est selon la moralité, alors que l'ordre respecté par Matthieu est selon la doctrine. Les miracles relatés dans Marc sont présentés à peu près selon l'ordre chronologique, comme on peut le voir dans le cas de la traversée de la mer dans Marc 4:35-41.

L'ordre des événements relatés dans Matthieu 8 (tels qu'ils sont présentés par lui) sont comme suit : (1) la purification du lépreux, (2) la guérison du serviteur du centurion, et (3) la guérison de la belle-mère de Pierre. Toutefois, selon l'ordre chronologique, l'ordre des événements est le suivant : (1) la guérison de la belle-mère de Pierre, (2) la purification du lépreux, et (3) la guérison du serviteur du centurion.

Pourquoi Matthieu a-t-il relaté ces événements de cette façon? Parce que l'évangile de Matthieu, du début à la fin, a pour but de montrer aux gens la sévérité du royaume des cieux. Le récit de Matthieu a pour base et pour point central le royaume des cieux, et il en parle constamment. C'est pourquoi il rassemble les faits sans prêter attention à l'ordre historique. Luc a écrit avec la moralité comme objectif, c'est à dire d'exprimer la façon dont Dieu accorde la miséricorde aux hommes. C'est pourquoi dans Luc, nous pouvons voir le salut de Dieu dans chaque section. Jean parle de la prédication du Seigneur en Galilée. La Galilée est souvent appelée « Galilée des Gentils. » C'est pourquoi Jean écrit avec comme critère le monde, et il élimine tout le fond historique.

Pourquoi est-ce que le mot « voici » est inséré au début du verset 2 ? Il s'agit ici d'attirer l'attention des gens sur ce qui va suivre car il s'agit d'un cas particulier. Par exemple, même Elisée n'a pas osé voir Naaman ni s'approcher de lui, mais il lui a ordonné de se laver (2 Rois 5:10). Dans l'Ancien Testament, on trouve les lois concernant la purification des lépreux (Lévitique 14), mais ici il s'agit de la guérison d'un lépreux. C'est pourquoi le verset 2 début par « voici. »

Selon la chronologie, l'ordre des événements dans ce chapitre est comme suit : (1) la guérison de la belle-mère de Pierre, (2) la purification du lépreux, et (3) la guérison du serviteur du centurion. Ces événements sont relatés dans un ordre différent parce qu'il s'agit de types.

Il y avait beaucoup de lépreux, mais un seul a été guéri. Les Juifs étaient semblables aux lépreux. Ils avaient tous commis le péché, mais parmi les Juifs, seul un reste a reçu la grâce. Le serviteur du centurion était un Gentil. Puisqu'Israël ne voulait pas recevoir la grâce, le salut est allé aux Gentils.

Dans Luc il est raconté que le centurion a envoyé des anciens d'entre les Juifs pour présenteruérie sa demande devant le Seigneur. Cela est écrit pour montrer que le salut vient des Juifs. Matthieu a été écrit pour les Juifs. Toutefois, afin de montrer que les Gentils peuvent s'approcher directement du Seigneur, Matthieu n'a pas mentionné l'intervention des anciens d'entre les Juifs. Le lépreux a été guéri lorsque le Seigneur l'a touché. Cela montre que les Juifs avaient une relation avec le Seigneur dans la chair. Le serviteur du centurion a été guéri, mais le serviteur n'a pas vu le Seigneur. Cela montre que les Gentils sont sauvés en croyant. Ce que le Seigneur nous a commandé aujourd'hui, c'est de croire sans avoir vu (Jean 20:29).

La lèpre signifie la souillure du péché et se réfère aux Juifs. La paralysie signifie l'impuissance face au péché, et se réfère aux Gentils. La fièvre signifie l'énergie de la chair exercée pour désobéir à Dieu. Le péché a comme conséquence de souiller l'homme, mais aussi de le rendre impuissant. La souillure est quelque chose qui est visible que par Dieu et qui a besoin d'être purifiée. L'impuissance nécessite la puissance.

La belle-mère de Pierre a été guérie parce que Pierre avait une relation intime avec le Seigneur. Cela nous montre qu'après que les Gentils aient obtenu le salut, le Seigneur usera à nouveau de grâce envers Israël à cause d'Abraham et de David. La fièvre se réfère à la situation autour de la tribulation, puisque la tribulation est semblable à une fournaise. Matthieu relate ces événements de cette façon afin de mettre l'accent sur l'aspect doctrinal. Les verset 17 se réfère particulièrement au millenium, parce que le dans le royaume, le pouvoir de la mort cesse d'exister. Bien que la mort sera encore présente, elle servira comme punition pour le péché, parce que tous ceux qui seront nés pendant le millenium ne seront pas tous sauvés. Leur mort sera due à la punition de Dieu.

Concernant le verset 2, Spurgeon a dit que si quelqu'un est lépreux et que pourtant il ne vient pas adorer le Seigneur, alors c'est que sa lèpre doit être très grave. Dans Marc 9:22-23, l'homme a dit, « Si tu peux.... » Il était question de la puissance du Seigneur, et c'est pour cela que le Seigneur n'a réprimandé. Ici, le lépreux a dit, « Seigneur, si tu le veux. » Il s'agit d'une question de cœur. Le lépreux n'a pas douté dans le Seigneur; simplement il ne savait pas si le Seigneur voulait ou non le guérir. Le Seigneur a dit, « Je le veux, » ce qui signifie « Je le veux absolument. » Ainsi, nous pouvons voir la tendance du cœur du Seigneur envers ceux qui sont malades.

Verset 4 : « Puis Jésus lui dit : Prend garde de ne le dire à personne ; mais va, et te montre au sacrificateur, et offre le don que Moise a ordonné, afin que cela leur serve de témoignage. » Ceci est dû au fait qu'à cette époque la loi n'avait pas encore été abolie. Ce n'est qu'au travers de la mort du Seigneur que nous pouvons être libérés des exigences de la loi, comme nous le voyons dans Romains 7:4. A cette époque, le Seigneur n'était pas encore mort; c'est pourquoi il fallait adhérer à la loi.

Versets 5-10 : La fièvre est une puissance anormale; la paralysie est une faiblesse anormale; et la lèpre est une souillure anormale. Avoir une grande foi c'est croire en l'autorité de Dieu. L'autorité de Dieu et la parole de Dieu vont de pair. Par exemple, « Dieu a dit, Que la lumière soit : et la lumière fut. » Dieu a créé les cieux et la terre par Son autorité. Le mot grec traduit par puissance signifie littéralement « dynamite. » Le mot grec pour autorité fait référence à une puissance merveilleuse qui peut dompter toutes choses. Aujourd'hui les gens prêtent beaucoup d'attention à la puissance, mais peu d'attention à l'autorité. Les hommes commettent le péché parce qu'il renversent l'autorité de Dieu. Pendant la période de la grande tribulation, toutes les personnes dans le monde essayeront d'utiliser leur puissance pour renverser l'autorité de Dieu. Satan est ce qu'il est simplement parce qu'il souhaite renverser l'autorité de Dieu. C'est n'est pas simplement qu'il refuse de se soumettre à l'autorité de Dieu; en plus il remue les gens pour s'opposer à Dieu. Toutefois, Christ s'est opposé à Satan avec autorité. L'épée tranchante qui sort de la bouche du Seigneur est la puissance qui se dresse derrière Son autorité. Dieu n'utilise pas Sa puissance pour diriger directement ce monde. C'est pourquoi les chrétiens aujourd'hui doivent se soumettre à l'autorité de Dieu.

Versets 11-13 : Lorsque le Seigneur a mentionné le royaume des cieux, Il n'a pas précisé si c'était à l'époque actuelle ou à un moment dans le futur. Certains disent qu'Il se référait à l'époque actuelle. Si tel est le cas, alors on ne peut pas expliquer le verset 11. Mais dans le chapitre onze, versets 11 et 12, il semble que le royaume des cieux est dans l'âge actuel. Dans Matthieu 5:3 il est dans le futur parce qu'il est en rapport avec la récompense.

« Le royaume de Dieu » est mentionné cinq fois dans Matthieu. Le royaume de Dieu signifie l'autorité souveraine de Dieu. Il doit y avoir une différence entre le royaume de Dieu et le royaume des cieux; sinon, le Seigneur n'aurait pas utilisé des termes différents. Le royaume de Dieu est aussi bien aujourd'hui que dans le futur.

La façon d'expliquer la question est de regarde d'abord aux faits, aux phénomènes, puis de chercher une explication. Les grandes sections sont : (1) les chapitres un à quatre constituent la première grande section; (2) les chapitres cinq à sept constituent la seconde grande partie, et (3) les chapitres huit à neuf constituent la troisième grande partie. Les petites sections : 8:1-17 se divise en quatre petites sections : (1) versets 2 à 4, la purification du lépreux; (2) versets 5 à 13, la guérison du serviteur paralytique; (3) les versets 14 à 15, la guérison de la fièvre de la belle-mère de Pierre; et (4) les versets 16 à 17, la guérison de beaucoup de ceux qui étaient malades.

Les quatre titres du Seigneur sur la terre comme le Fils sont : (1) le Fils de Dieu, (2) le Fils de l'Homme, (3) le Fils d'Abraham, et (4) le Fils de David. Dans les quatre petites sections du chapitre huit nous pouvons voir le Seigneur comme le Fils dans ces quatre aspects : (1) Dans le cas de la purification du lépreux, Il est le Fils de Dieu — ceci est en relation avec les Juifs. (2) Dans le cas de la guérison du paralytique, Il est le Fils d'Abraham — ceci est à cause de la foi, et parce que cette guérison concerne les Gentils. (3) Dans le cas de la guérison de la belle-mère de Pierre, Il est le Fils de David — ceci est en relation avec les Juifs dans le futur. (4) En chassant les démons et en guérissant tous les hommes, Il est le Fils de l'Homme — ceci est en relation avec toutes les personnes.

Verset 14 : « Puis Jésus étant venu dans la maison de Pierre, vit la belle-mère de [Pierre], qui était au lit, et qui avait la fièvre. » Le mot « maison » est l'un des mots-clés de ce livre. Il se réfère aux Juifs. Dans la Bible ce mot porte une signification toute spéciale. Le même mot est utilisé dans Matthieu 2:11. Dans le récit de Matthieu, les mages ont vu le Seigneur dans la maison; dans le récit de Luc, le Seigneur était dans la crèche lorsque les bergers sont arrivés.

Le Seigneur a guéri le lépreux en plein air, et non pas dans une maison. Entrer dans la maison est une indication de communication intime. Cela nous montre ici qu'il n'y avait que très peu de Juifs qui ont reçu le salut lors du premier avènement du Seigneur. Le Seigneur est venu à la maison de Pierre pour guérir la belle-mère de Pierre. Une maison est un endroit d'intimité et d'affection. Ceci nous montre que tous les Juifs seront sauvés dans le futur. Le Seigneur a guéri aussi bien le lépreux que la belle-mère de Pierre en les touchant. Cela nous montre que le Seigneur a une relation spéciale avec les Juifs. Les versets 16 et 17 nous montrent ce que le Seigneur fera dans le royaume à venir. Matthieu a raconté les événements de cette façon parce que l'ordre respecté dans ce livre est selon la doctrine.

Verset 15 : « Et lui ayant touché la main, la fièvre la quitta ; puis elle se leva, et les servit. » Le toucher du Seigneur est puissant. Une fois qu'Il nous a touché, Sa puissance contacte notre faiblesse. Partout où le Seigneur touche, Satan perd du terrain.

Verset 16 : « Et le soir étant venu, on lui présenta plusieurs démoniques, desquels il chassa par se parole les esprits [malins], et guérit tous ceux qui se portaient mal » « Beaucoup » ici se réfère à un très grand nombre, une multitude. Ici le Seigneur a chassé les démons « par sa parole » ceci rappelle le cas où le Seigneur a guéri le paralytique en prononçant une parole, comme on peut le voir dans la seconde petite section. Cela nous montre que le Seigneur est le Fils de Dieu. « On lui présenta » Il s'agit de se tenir dans une position où l'on puisse recevoir la bénédiction du Seigneur.

Verset 17 : D'un côté la parole prononcée à travers Esaïe que « Il a pris nos langueurs, et a porté nos maladies » a été accomplie au moment où le Seigneur guérissait les malades. D'un autre côté, le réel accomplissement de la parole d'Esaïe était au moment où le Seigneur était sur la croix. Il existe deux groupes de personnes qui tiennent des opinions extrêmes : (1) l'étendue de la prise en charge de nos maladies par le Seigneur est aussi large que l'étendue de son expiation pour nos péchés. (2) Le Seigneur ne prend en charge que nos péchés, et non pas nos maladies. Il y a des erreurs dans ces points de vue. Aujourd'hui le Seigneur prend effectivement en charge nos maladies, mais cela diffère de la manière dont il prend en charge nos péchés dans son étendue, son degré, et sa signification. (« langueurs » dans ce verset et « infirmités » dans 2 Corinthiens 12:9 sont des traductions du même mot grec.) Par exemple, nous pouvons avoir la même foi concernant le pardon des péchés et la guérison des maladies, mais aujourd'hui le résultat sera différent dans chacun des cas. Lorsque nous croyons dans le pardon des péchés, nos péchés sont pardonnés. Toutefois, lorsque nous croyons dans la guérison de nos maladies, nos maladies ne sont pas nécessairement guéries. L'œuvre du Seigneur en portant nos maladies ne sera par pleinement accomplie avant qu'il ne revienne. Le réel accomplissement du verset 17 est sur la croix.

Spurgeon a dit qu'à chaque fois que le Seigneur guérit une maladie, Il fait couler Sa puissance en celui qui est malade, et Il porte Lui-même la faiblesse. Dans les quatre petites sections ci-dessus, nous voyons la puissance de Dieu et l'intention de l'homme.

Verset 18 : « Or Jésus voyant autour de lui de grandes troupes, commanda de passer à l'autre rivage. » Lorsqu'il y a trop de monde, le Seigneur s'en va toujours. C'est comme cela qu'Il agit. Il ne voulait pas que ceux qui étaient curieux puissent s'approcher de Lui. A « l'autre rivage» il n'y avait personne. Le Seigneur n'avait pas peur de se séparer des gens. Prêter attention aux gens, gagner des gens pour nous-mêmes, et essayer d'attirer une foule sont autant de grands problèmes dans notre œuvre. « Passer à l'autre rivage .» Voilà le meilleur principe pour notre œuvre. Lorsque nous travaillons, nous ne devons pas chercher à gagner des gens pour nous-mêmes. Cela est l'œuvre du Seigneur. Une fois que l'œuvre est terminée, nous devons quitter les lieux immédiatement. Si nous demeurons, cela ne sera rien d'autre qu'un « feu étranger, » et il s'y trouvera peut-être plus d'attraction humaine que de commandement divin.

Versets 19 à 20 : Le scribe dont il est question ici représente une personne qui est zélée. Il est venu de son propre gré et apparemment sans conditions pour suivre le Seigneur. Mais le Seigneur lui a dit que Lui ne possédait même pas le confort dont pouvaient jouir les oiseaux et les renards. Alors le scribe s'est retiré après avoir su quelle était la difficulté de suivre le Seigneur. C'est pourquoi une personne ne peut jamais suivre le Seigneur s'il n'a pas évalué le coût que cela représente. En effet, le scribe représente ceux qui ne se soucient que de s'auto-édifier. Le scribe n'était pas prêt à se sacrifier.

Verset 21 : « Puis un autre de ses disciples lui dit : Seigneur ! Permets-moi d'aller premièrement ensevelir mon père » Les « disciples » sont ceux qui ont déjà été appelés. « Ensevelir mon père  » est le devoir d'un fils. Toutefois, celui-ci avait été appelé, mais il s'est retiré.

Verset 22 : « Et Jésus lui dit : suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts. » Le premier « morts » se réfère aux morts dont il est question dans Ephésiens 2:1. Ici, le Seigneur présente une demande qui est plus importante que d'enterrer son père. Enterrer son père peut être fait par quelqu'un d'autre. Cela montre le principe que l'appel de Dieu est au delà de toutes choses. Le Seigneur ne permet pas qu'une personne autre que Lui, ou qu'une chose quelconque puisse exercer un contrôle sur nous ou nous imposer une exigence. « Permets-moi d'aller premièrement » Voilà une grande erreur. L'appel du Seigneur doit sans aucun doute être placé au dessus de toutes autres choses.

La différence entre ces deux personnes est que l'on n'évalue pas le coût, et que l'autre évalue le coût à un degré trop élevé. Lorsqu'on suit le Seigneur, il serait insensé de ne pas du tout évaluer le coût. Toutefois, il serait également insensé d'évaluer le coût à tout instant et d'avoir peur d'avancer. Nous devons chercher à éviter ces deux excès. Si le Seigneur veut que nous avancions, nous devons évaluer le coût que cela représente et dire au Seigneur, « Je le veux »; nous devrions laisser tomber toutes les autres choses. Le chemin de l'obéissance nécessite simplement l'obéissance — on ne doit pas attendre que tous les problèmes soient résolus avant d'avancer. « Suis-moi » est la solution au problème d?« ensevelir son père » Si quelqu'un a reçu l'appel du Seigneur, même s'il considère de se retirer, le Seigneur lui dira toujours « Suis-moi. »

Les versets 19 à 22 constituent une parenthèse. Il y a un cas similaire dans Luc, mais il s'agit certainement d'une occasion différente.

Versets 24 à 27 : Leur prière était « sauve-nous, » et la raison était que « nous périssons. » Puisqu'ils voient qu'ils allaient périr, ils ont dit, « Seigneur, sauve-nous. » A cause de leur peu de foi, ils ont dit, « Seigneur, sauve-nous. » A cause de leur lâcheté, ils ont dit, « Nous périssons! » Avoir peu de foi est beaucoup mieux, et bien plus avancé que de n'avoir aucune foi du tout.

Au milieu de toutes ses occupations, le Seigneur avait toujours le temps d'enseigner Ses disciples. Il était plus aisé de traiter avec les vents et les vagues qu'il ne l'était de traiter avec Ses disciples. Tout crainte et toute lâcheté sont dues au manque de foi. La foi vient de la parole de Dieu. Le Seigneur a réprimandé les disciples pour avoir eu peu de foi parce qu'Il avait déjà dit « allez de l'autre côté. » (Il s'agit ici d'une promesse autant que d'un commandement. Et pourtant ils ont dit, « Nous périssons ! » Cela montre qu'ils ne croyaient pas le Seigneur lorsqu'Il leur a dit d' « aller de l'autre côté. » Apparemment ils croyaient que le Seigneur leur avait dit d'aller au fond de la mer. La parole du Seigneur est rattachée à la foi. Nous voyons à cela que des prières nombreuses sont un signe d'une petite foi. On ne peut pas dire : plus on prie, mieux c'est.

Le mot « éleva » est utilisé deux fois dans cette section : « il s'éleva sur la mer une si grande tempête » et « Alors s'étant levé il parla ? et il se fit un grand calme. » D'autre part, le mot « grand » est en contraste avec « peu » — « grand calme, » « petite foi. »

Dans les versets 2 à 17, plusieurs miracles sont spécifiquement mis côte à côte. Les versets 18 à 27 sont un récit qui montrent l'effet que produit la présence du Seigneur. Les vents et la mer ont été réprimandés Cela signifie qu'ils doivent avoir une certaine personnalité. Toutefois les vents et la mer en eux-mêmes n'ont aucune personnalité; le Seigneur réprimandait les démons qui étaient à l'origine de la tempête. Les vents et la mer s'agitent toujours avant une bataille spirituelle.

Verset 28 : Ce verset est un accomplissement de ce que le Seigneur a dit dans le verset 18 concernant le fait d'aller de l'autre côté. Cette section mentionne qu'il y avait deux personnes qui étaient possédés par des démons, mais le récit de Luc n'en évoque qu'un seul. Tous les récits de Luc sont plus détaillés que ceux de Matthieu, surtout concernant ceux qui étaient malades, parce que Luc était lui-même médecin. Par exemple, Matthieu 8:2 mentionne « un lépreux, » mais Luc, dans 5:12, dit « un homme rempli de lèpre. » Concernant ce cas précis, le récit de Luc nous dit qu'un certain homme été possédé par une légion de démons (Luc 8:30). Parce que Luc était médecin, il avait une observation toute particulière concernant ceux qui étaient malades.

Luc n'a parlé que d'un seul démoniaque pour les raisons suivantes : (1) Puisque les deux étaient le même, il suffisait d'en évoquer un seul. (2) Luc n'a pas suivi le Seigneur directement. Ce qu'il a écrit était basé sur ce qu'il avait découvert en parlant avec les témoins oculaires. C'est pour cela qu'il n'a raconté que les événements à propos desquels il s'était enquêté. (3) Matthieu peint le portrait du Seigneur en tant que Roi. C'est pour cela qu'il a souvent évoqué deux éléments, c'est à dire une quantité plurielle. D'un autre côté, Luc a représenté le Seigneur comme un homme. Pour un homme, il est suffisant de raconter le récit d'un seul élément. (4) L'évangile de Matthieu est écrit pour les Juifs. Selon la loi juive, pour qu'un témoignage soit valable, il fallait y avoir au moins deux personnes. D'un autre côté, l'évangile de Luc s'adresse aux Gentils. Puisqu'il n'existe pas une telle loi chez les Gentils, il n'y a pas besoin de parler des deux personnes. (5) Dans Matthieu, l'accent est mis sur la doctrine. C'est pourquoi il n'a pas raconté les autres choses qui se rapportaient à la personne elle-même. D'un autre côté, dans Luc l'accent est mis sur la moralité. Ainsi, il a donné un récit plus détaillé de la personne elle-même.  « ... étant sortis des sépulcres ... » Ceux qui sont possédés par des démons sont voisins avec ceux qui sont morts.

Verset 29 : « Et voici, ils s'écrièrent, en disant : qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus Fils de Dieu ? Es-tu venu ici nous tourmenter avant le temps ? » Bien que les démons soient maléfiques, ils reconnaissent néanmoins le Seigneur comme étant le Fils de Dieu. Donc, de ce point de vue ils sont meilleurs que certains êtres humains.  « Avant le temps. » Dans le texte original, l'article défini « le » indique un temps précis. Les démons connaissaient le temps de leur tourment. Cela nous permet de savoir que Dieu a désigné un temps où les démons seront tourmentés.

Verset 30 : « Or il y avait un peu loin d'eux un grand troupeau de pourceaux qui paissait. » Le Seigneur n'a pas répondu aux démons. Moins nous parlons aux démons, mieux ce sera.

Verset 32 : « Et il leur dit : allez. Et eux étant sortis s'en allèrent dans le troupeau de pourceaux ; et voilà, tout ce troupeau de pourceaux se précipita dans la mer, et ils moururent dans les eaux. » Le Seigneur n'a prononcé qu'une seule parole, « Allez » Les pourceaux se sont précipités dans la mer d'eux-mêmes parce qu'ils ne pouvaient tolérer d'être possédés par des démons. De ce point de vue, ils sont supérieurs aux êtres humains.

Verset 33 : « Et ceux qui les gardaient s'enfuirent ; et étant venus dans la ville, ils racontèrent toutes ces choses, et ce qui était arrivé aux démoniaques. » Spurgeon a dit que lorsque les faux croyants meurent, le pasteur s'enfuit dans la ville pour rapporter aux gens la nouvelle terrifiante.

Verset 34 : « Et voilà, toute la ville alla au-devant de Jésus, et l'ayant vu, ils le prièrent de se retirer de leur pays. » Les habitants ont demandé à Jésus de quitter leur pays. C'est la même demande qui lui avait été faite par les démons. Le Seigneur n'oblige jamais les gens, c'est pourquoi Il les a quitté.

Les chapitres huit à douze, qui constituent la troisième grande partie, décrivent comment le Roi S'est manifesté et comment Il a été rejeté par les hommes. Dans 8:2-17, nous voyons le Seigneur comme Fils sous quatre aspects différents. Dans 8:18 à 9:8, qui constitue la seconde petite section, l'autorité du Seigneur est manifestée sous quatre aspects : l'aspect de la nature, l'aspect des démons, l'aspect des hommes, et l'aspect des croyants. Ces quatre choses révèlent à l'homme le cœur de l'homme. Ces quatre sections révèlent principalement deux choses : (1) la puissance du Seigneur et (2) l'intention du cœur de l'homme. Les versets 35 à 38 du chapitre neuf devraient se rattacher au début du chapitre dix. Matthieu 9:9-34, la troisième petite section nous parle de la façon dont Christ montre Sa miséricorde envers l'homme. Le seconde petite partie nous montre l'autorité de Christ.


Traduit et mis en ligne par Eglise de Maison.com.   Nous aimerions lire vos commentaires : cliquez ici