L'ESPÉRANCE D'ISRAËL

Quelle est-elle ?

par Philip Mauro


CHAPITRE 1

LA NATURE ET L'IMPORTANCE DE LA QUESTION

L'auteur cherche, en premier lieu, à bien faire comprendre au lecteur l'immense importance de la question que nous nous apprêtons à examiner.

Il n'est pas simplement question d'une explication correcte des prophéties concernant les Juifs, les Gentils et l'Église de Dieu, aussi intéressants et importants que puissent-être ces sujets, car on pourrait entretenir des idées fausses sur ceux-ci sans conséquences nuisibles. Mais il en est bien autrement de la question que nous abordons dans ce volume ; car la vérité concernant l'évangile de Christ et le salut de l'homme y est contenue. Et ce sujet a également d'énormes conséquences sur l'oeuvre d'évangélisation des Juifs (qui, selon l'opinion de beaucoup de personnes, dont l'auteur, est un facteur nécessaire au retour du Seigneur).

Ce que nous allons immédiatement devoir confronter dans notre étude est un système doctrinal qui, quoique récent dans son origine, est aujourd'hui accepté parmi les chrétiens les plus strictement orthodoxes, selon lequel la promesse de Dieu à Israël à travers ses prophètes était que le Messie qui devait venir allait restaurer le royaume terrestre à Israël, lui conférer une gloire qui surpasserait de loin celle des jours de David et de Salomon, et exalter la nation d'Israël à une place de suprématie au-dessus de toutes les nations de la terre. Une autorité en la matière présente ce nouveau système doctrinal de cette façon : « Lorsque Christ est apparu au peuple juif, l'étape suivante dans l'ordre de la révélation, telle qu'elle était à l'époque, aurait dû être l'établissement du royaume de David » (Bible de référence de Scofield).

Nous proposons dans cet ouvrage d'amener cette affirmation radicale au crible des Écritures ; car elle est subversive vis-à-vis de la foi chrétienne en ce qu'elle retire la place centrale du sacrifice de l'Agneau de Dieu dans le plan éternel de Dieu (Apoc. 13:8).

Il est impossible que ceux qui acceptent cette doctrine radicale comprennent réellement ce qu'elle contient. Il est facile pour l'auteur de dire cela parce qu'à une époque, lui aussi acceptait cette doctrine sans le moindre soupçon qu'elle comprenait le rejet d'une vérité importante. Mais, au fil du temps, après une période d'étude d'intensive de la Parole de Dieu, celui-ci a été contraint de reconnaître, par le témoignage des Écritures du Nouveau Testament (et en particulier celles de l'apôtre Paul), que la doctrine en question est non seulement directement contraire aux Écritures, mais qu'elle constitue la mise en place, au bénéfice d'une future génération de Juifs, d'une autre espérance, qui diffère de l' « unique espérance » de l'évangile de Christ. En d'autres termes, il s'agit d'un « autre évangile, » cette chose redoutable contre lequel Paul a donné l'avertissement terriblement solennel de Galates 1:8,9.

A cause de cela, et à cause des grands bénéfices qui ont suivi la délivrance de l'auteur vis-à-vis de la doctrine « étrange » dont il est question ci-dessus, celui-ci considère comme son devoir d'informer ses frères et soeurs dans la foi, par tous les moyens, concernant le véritable enseignement de la Bible en rapport avec le futur du peuple juif. C'est avec ce devoir en vue que cet ouvrage a été rédigé.

Quel est donc la véritable et biblique « Espérance d'Israël » ? Pour obtenir une réponse complète à cette question, il est nécessaire que nous examinions les Écritures du début à la fin. Toutefois, dans le but d'avoir déjà en tête une idée générale quant à la réponse pendant que nous poursuivons notre étude, nous allons commencer par évoquer quelques incidents dans le ministère de Paul tels qu'ils sont décrits dans les derniers chapitres des Actes.

Ce sujet est particulièrement présent à cet endroit, et c'était en effet à cause de la vision de Paul et de son enseignement à ce sujet qu'il a été furieusement persécuté par les juifs et qu'il a enfin été envoyé, lié de chaînes, à Rome. Car nous avons son propre témoignage de cela, adressé aux « chefs des juifs » à Rome, à qui, lorsqu'il les avait tous convoqués, il a dit : « Pour ce sujet donc, je vous ai appelés pour vous voir et vous parler ; car c'est pour l'espérance d'Israël que je suis lié avec cette chaîne. »

Étant donné que ce que Paul prêchait, aussi bien aux juifs qu'eux gentils, n'était autre chose que l'évangile de Jésus Christ, et rien d'autre, nous pouvons en déduire que la véritable « espérance d'Israël » était une partie intégrante de cet évangile ; et il s'agit donc d'une question où nous n'avons pas droit à l'erreur.

La parole de Paul aux dirigeants juifs à Rome, qui est citée ci-dessus est extrêmement éclairante. Elle montre, tout d'abord, que, quelque soit la chose qu'il prêchait comme étant « l'espérance d'Israël, » celle-ci était tellement contraire à la conception contemporaine juive, que le peuple a réclamé à cor et à cri la mort de Paul (Actes 22:22). De plus, celle-ci a provoqué son accusation formelle devant le Gouverneur Romain comme étant « une peste, qui sème la discorde parmi tous les Juifs à travers le monde »  (Actes 24:5). S'il avait enseigné ce que les juifs eux-mêmes croyaient, et ce que leurs rabbins leur avait enseigné comme étant la véritable interprétation des prophéties (c'est à dire que la promesse de Dieu envers Israël était un royaume à caractère terrestre qui devait dominer sur le monde entier), ils l'auraient écouté avec une intense satisfaction. Mais Paul et tous les apôtres enseignaient que ce que Dieu avait promis auparavant par Ses prophètes dans les Saintes Écritures était un royaume au-dessus duquel régnerait en résurrection Jésus Christ de la semence de David, un royaume dont la chair et le sang ne peuvent hériter, un royaume qui ne fait pas violence aux gouvernements institués de ce monde, et un royaume dans lequel les gentils sont invités en des termes de parfaite égalité avec les juifs (Actes 13:23, 34 ; Actes 17:2, 3, 7 ; Rom. 1:1-4 ; 14:17 ; 1 Cor. 15:50 ; 1 Pierre 1:12 ; cf. Luc 24:26).

Ainsi, l'enseignement de Christ et de Ses apôtres sur ce sujet vital du Royaume de Dieu, l'espérance d'Israël, était radicalement opposé à celui des dirigeants d'Israël; et, à cause de cela, Lui a été crucifié, et eux, persécutés.

Il n'était pas question à l'époque, tout comme il n'est pas question aujourd'hui, de supposer que les prophètes d'Israël n'étaient pas les porte-parole de Dieu; car aussi bien les rabbis juifs que Christ et Ses apôtres, tenaient fermement à la pleine inspiration des « écritures des prophètes. » Il était seulement question à l'époque, tout comme il est seulement question aujourd'hui, de savoir comment on doit comprendre ces prophéties - une question d'interprétation. Les enseignants juifs comprenaient les Écritures - comme ils les interprètent encore - selon ce qui est appelé aujourd'hui (à tort) le sens « littéral » (c'est-à-dire, qu'« Israël » serait un peuple terrestre, « Sion » un lieu terrestre, « Christ » un conquérant terrestre, comme David, etc.). Mais Paul a déclaré, alors qu'il parlait de Jésus Christ dans l'une de leurs synagogues, que c'était parce qu'ils « ne L'ont pas connu, ni les voix des prophètes qui se lisent chaque jour de sabbat, qu'ils les ont accomplies en le condamnant » (Actes 13:27).

Et maintenant, pour conclure ce premier chapitre, permettez-moi de faire comprendre au lecteur que le choix qui se présente aujourd'hui aux Chrétiens orthodoxes concernant les prophéties qui traitent de « l'espérance d'Israël », c'est le choix entre la position des Juifs de cette époque-là, et celle pour laquelle Christ a été crucifié et Paul a été envoyé enchaîné à Rome. C'est ce qui sera clair pour tous ceux qui considéreront, avec l'esprit ouvert, les preuves données ci-dessous.

La question de l'interprétation « littérale » des prophéties de l'Ancien Testament sera abordée au chapitre suivant.

Retour ]

Traduit et mis en ligne par l'équipe Eglise de Maison.com  Nous aimerions lire vos commentaires : cliquez ici