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Chapitre 3



Pendant plusieurs années et de différentes manières, j'ai suivi, dans mon ignorance, des pratiques qui sont contre le but que Dieu m'avait assigné, celui de faire des disciples. Mais graduellement, le Saint-Esprit a ouvert gracieusement mes yeux sur ces erreurs. J'ai appris ceci : Je dois questionner toute chose qui m'est enseignée et à laquelle j'ai cru à la lumière de la parole de Dieu. Nos traditions, plus que toute autre chose, nous aveuglent à la parole de Dieu. Pire encore, nous sommes très fiers de nos traditions, certains que nous sommes au milieu d'un groupe d'élites qui a la plus grande part de vérité par rapport aux autres chrétiens. Comme un enseignant a dit d'un ton sarcastique : « Il y a plus de 32.000 dénominations dans le monde aujourd'hui. N'êtes-vous pas heureux d'être membre de celle qui a raison ? »

Dieu nous résiste à cause de notre orgueil car il résiste aux orgueilleux. Si nous voulons progresser et être prêts à nous tenir devant Jésus, nous devons nous humilier nous-mêmes. Dieu accorde sa grâce à de telles personnes.

L'étude du rôle du pasteur

Le but du pasteur qui consiste à faire des disciples doit orienter tout ce qu'il fait dans le ministère. Il doit se demander continuellement : « Comment ce que je fais contribue-t-il au processus de formation de disciples qui obéiront tous les commandements de Jésus ? » Cette simple question test, je la pose honnêtement, doit permettre d'éliminer plusieurs choses qui sont faites sous la bannière des activités chrétiennes.

Considérons le ministère du pasteur/ancien/pasteur titulaire[1], une personne dont la mission du ministère l'établit dans une église locale spécifique. Si cette personne doit faire des disciples qui obéiront à tous les commandements de Jésus, quelle devra être l'une de ses responsabilités primordiales ? Enseigner évidemment vient tout de suite à la pensée. Jésus a dit qu'on fait des disciples à travers l'enseignement (Mat. 28: 19-20). Une des conditions pour que quelqu'un devienne pasteur/ancien/pasteur titulaire est qu'il doit être « capable d'enseigner » (1 Tim. 3: 2). Ceux qui « travaillent durement à la prédication et à l'enseignement » doivent « être dignes de double honneur » (1 Tim 5: 17).

Dès lors, un pasteur devra évaluer chacun de ses messages en se posant cette question : « Comment ce sermon aide t-il à accomplir cette mission de faire des disciples ? ».

La responsabilité d'enseigner qu'a le pasteur est-elle accomplie seulement à travers les sermons du dimanche et du culte de la semaine ? Si telle est sa pensée, il néglige donc le fait que la Bible indique que sa responsabilité d'enseignement est d'abord accomplie par la vie qu'il mène et les exemples qu'il offre. L'enseignement par l'exemple de sa vie quotidienne reçoit simplement un supplément pour son ministère d'enseignement public. Voilà pourquoi, les conditions exigées pour le pasteur, ancien ou superviseur ont plus à voir avec le caractère personnel et son style de vie qu'avec ses talents de communication orale. Parmi les quinze conditions posées pour le superviseur dans 1 Timothée 3: 1-7, quatorze parlent du caractère personnel et une seule concerne l'habilité d'enseigner. De dix-huit conditions citées pour les anciens dans Tite 1: 5-9, dix-sept traitent de caractère et une seule parle de la capacité d'enseigner. Paul a d'abord rappelé à Timothée : « En parole, en comportement, dans l'amour, la foi et la pureté, sois un exemple pour ceux qui croient » (1 Tim. 4: 2). Il lui a alors dit : « Jusqu'à ma venue, prête attention à la lecture publique de la parole de Dieu, à l'exhortation et à l'enseignement » (1 Tim. 4: 13). Ainsi, l'exemple du caractère de Timothée était mentionné avant le ministère de l'enseignement, réduisant ainsi sa plus grande importance.

Pierre avait écrit de même :

« Voici les exhortations que j'adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant à la gloire qui doit être manifestée : paissez le troupeau de Dieu, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu; non pour un gain sordide, mais avec dévouement : non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau » (1 Pierre 5: 1-3)

Qui nous pousse à nous renier et à obéir à Christ ? Est-ce ceux dont nous admirons les sermons ou ceux dont nous admirons la vie ? Les pasteurs non engagés et qui ont un style de vie léger ne poussent personne à prendre sa croix. Lorsque de tels pasteurs font, par hasard, un sermon sur l'engagement à Christ, ils prêchent des généralités de peur que leurs auditeurs ne doutent de leur sincérité. On ne se souvient pas de la plupart de grands leaders chrétiens du passé à cause de leurs sermons, mais à cause de leurs sacrifices. Leurs exemples nous inspirent encore longtemps après leur mort.

Si un pasteur ne montre l'exemple d'obéissance en tant que véritable disciple de Jésus-Christ, il perd son temps lors qu'il fait des sermons. Pasteur, votre exemple parle dix fois plus haut que vos sermons. Inspirez-vous les gens à se renier et à suivre Jésus en vous reniant vous-même et en suivant Christ ?

Mais comment un pasteur, par l'exemple de son style de vie, enseigne-t-il les gens qui le connaissent d'abord comme orateur du dimanche matin ? La seule fois où ils sont le plus proche de lui pour le voir mener sa vie, c'est lors de l'échange de poignets de mains qu'il fait, par devoir, à la sortie de l'église. Il y a peut-être quelque choses d'anormal dans le modèle de pasteur moderne.

Le sermon hebdomadaire du dimanche matin

Un pasteur se fait une autre mauvaise illusion s'il pense que la responsabilité d'enseignement consiste premièrement à livrer un sermon public par semaine. Le ministère d'enseignement de Jésus ne consistait pas seulement en sermons publics (et dans la plupart des cas ils étaient courts), mais aussi en des conversations privées qui étaient initiées par les questions de ses disciples. Cependant, cette conversation ne se limitait pas à quelques trente minutes par jour et par semaine dans l'église. Mais cela se passait sur les berges, dans les maisons, lors des marches sur des routes poussiéreuses pendant que Jésus menait sa vie au vu et au su de tous ses disciples. Ce même type d'enseignement était reproduit par les apôtres après la Pentecote, « les douze enseignaient dans le temple et dans des maisons » (Actes 5: 42). Ils étaient quotidiennement en interaction avec la communauté des chrétiens. Paul aussi «  enseignait en public et allait de maison en maison » (Actes 20: 20).

A ce point, si vous êtes pasteurs, vous pouvez faire la comparaison de votre ministère d'enseignement à celui de Jésus et des premiers apôtres. Vous pouvez peut-être même commencer à faire des merveilles si cela est conforme au plan de Dieu, ou faites-vous plus que ce que les églises traditionnelles vous ont appris à faire ? Si vous êtes étonnés, c'est bon. C'est très bien. C'est le premier pas dans la bonne direction.

Peut-être que vous pensez même plus loin. Peut-être que vous vous dites : « Où trouverai-je tout ce temps exigé par un tel ministère, enseigner les gens de maison en maison ou les impliquer dans ma vie quotidienne afin de les influencer par mes exemples ? » Sachez maintenant que ceci est une question merveilleuse car cela vous permettra de continuer à vous poser des questions s'il y a quelque chose qui ne va pas avec le concept moderne du rôle du pasteur.

Vous vous êtes peut-être dit : « Je ne suis pas sûr de vouloir mener ma vie proche des membres de mon église. On m'a appris à l'école biblique qu'un pasteur ne doit pas être trop proche de sa congrégation. Il doit garder une certaine distance afin de maintenir son respect professionnel. Il ne doit pas être leur ami proche ».

Une telle pensée révèle qu'il y a quelque chose qui ne va vraiment pas dans la façon dont les choses sont faites dans l'église moderne. Jésus était tellement proche des douze que l'un d'eux était à l'aise au point de poser sa tête sur la poitrine de Jésus lors d'un repas ensemble (Jean 13: 2-25). Ils ont littéralement vécu ensemble pendant plusieurs années. Il y a trop de distance entre le pasteur et les membres au nom du respect professionnel, soi disant afin de bien les servir !

Une comparaison de méthode, ancienne et moderne

Si le but est d'obéir à Jésus et de faire des disciples, ne serions-nous pas sages de suivre ses méthodes pour faire des disciples ? Ces méthodes ont bien marché avec lui. Elles ont aussi eu les mêmes résultats avec les disciples qui l'avaient suivi.

Quelle est l'efficacité des méthodes modernes dans la formation des disciples qui obéissent aux commandements de Jésus ? Il est peut-être temps de nous poser certaines questions et de ré-examiner les écritures maintenant que des études sur les chrétiens en Amérique, par exemple, montrent qu'il n'y a virtuellement pas de différence de styles de vie entre la plupart des chrétiens et des non-chrétiens.

Voici la question révélatrice que nous devons nous poser nous-mêmes : Comment l'église primitive avait-elle si bien réussi à faire des disciples sans églises construites, sans un clergé formé, sans école biblique ni séminaire, sans projecteur ni hymnaire, sans microphone sans fil ni enregistreur de cassettes, sans programmes de l'école du dimanche ni ministère de jeunes, sans équipe d'adoration ni chorale, sans ordinateur ni photocopieur, sans radio ni télévision chrétienne, sans milliers de titres de livres chrétiens, ni Bible personnelle ? Ils n'avaient pas besoin de toutes ces choses pour faire des disciples, Jésus non plus. Et comme aucune de ces choses ne leur était essentielle, alors aucune d'elles n'est essentielle aujourd'hui. Elles peuvent être d'une certaine utilité, mais ne sont pas essentielles. En fait, beaucoup de ces choses peuvent nous empêcher de faire des disciples. Que je vous donne deux exemples.

Voyons d'abord la nécessité moderne de n'avoir que des pasteurs formés dans les écoles bibliques ou les séminaires pour diriger les églises. Une telle conception était inconnue de Paul. Dans certaines villes, après avoir planté des églises, il la quittait pour quelques semaines ou mois. Lorsqu'il revenait, il désignait quelques anciens pour la superviser (Actes 13: 14, 14: 23). Cela signifie que ces églises en l'absence de Paul n'avaient pas pendant des semaines ou des mois une direction formelle, et ces anciens, lorsqu'ils étaient nommés, étaient encore de jeunes chrétiens. Ils n'avaient pas cette formation formelle de deux ou trois ans qui devaient les préparer à leur travail.

Dès lors, la Bible enseigne que les pasteurs, les anciens, les superviseurs n'ont pas nécessairement besoin de trois ou quatre années de formation pour être efficaces dans leur ministère. Personne ne peut contester, avec bon sens, ce fait. Et pourtant les exigences modernes continuent à envoyer ce message à tout chrétien : « Si vous voulez être responsable dans l'église, vous devez passer des années de formation »[2]. Ceci ralentit le processus de formation de leaders, ralentissant par le fait même celle de disciples et par conséquent, freine l'expansion de l'église. Je me demande comment les compagnies américaines comme Avon ou Amway auraient saturé leurs marchés cibles si elles avaient exigé que chaque vendeur devait emmèner sa famille dans une autre ville pendant trois ans pour recevoir une formation avant qu'on ne puisse lui permettre de vendre du savon ou du parfum.

« Mais être pasteur est une tâche si difficile et complexe ! » dit-on. « La Bible dit que nous ne devons pas mettre un nouveau converti dans une position d'évêque » (1 Timo.3: 6).

Premièrement, on en vient à la définition de nouveau converti, il est clair que la conception de Paul était différente de la nôtre parce qu'il nommait au poste d'ancien, de pasteur ou de superviseur des gens qui n'étaient chrétiens que depuis quelques mois.

Deuxièmement, une des raisons pour lesquelles être pasteur maintenant est complexe et difficile est que le système entier de la structure de l'église et du ministère est loin du modèle biblique. Nous l'avons en effet rendu si complexe que très peu de personnes – en fait de super-personnes peuvent survivre à ses demandes !

« Mais Dieu ne veut pas qu'une église soit supervisée par quelqu'un sans diplôme de l'école biblique ou d'un séminaire », disent d'autres. « Ce superviseur incertain peut conduire les membres dans de faux enseignements ! »

Apparemment, cela n'était pas la préoccupation de Paul. Le fait est que nous avons aujourd'hui un clergé formé dans des séminaires ou des écoles bibliques mais qui ne croient pas que Jésus était né d'une vierge, qui approuve l'homosexualité, qui enseigne que Dieu veut que chacun puisse conduire une voiture luxueuse, qui déclare que Dieu a prédestiné certaines personnes à la perdition, ou qui disent, sans démordre, qu'une personne peut entrer au ciel sans obéir à Christ. Le séminaire et l'école biblique modernes ont souvent servi à promouvoir la fausse doctrine et le clergé professionnel a servi à mieux la faire avancer.

Les « membres ordinaires » de l'église ont peur de les questionner parce que les professionnels ont été dans des séminaires et peuvent sortir beaucoup de « preuves » à partir de la Bible. En outre, ces clergés ont défini et séparé leurs églises du reste du corps de Christ par leurs doctrines particulières, au point de faire même la publicité de ces différences sur panneaux placés devant le bâtiment de l'église, envoyant au monde ce message : « Nous ne sommes pas comme les autres chrétiens ». Pour ajouter encore plus à la blessure, ils appellent toute personne qui n'est pas d'accord avec ces doctrines de division et non questionnées de « divisionniste ». L'inquisition est encore très active, conduite par les hommes possédant des diplômes. Est-ce que ceci est l'exemple que Jésus veut voir montré par ceux qui doivent faire des disciples connus dans le monde par leur amour les uns pour les autres ?

Les chrétiens, de nos jours choisissent leur église en se fondant sur certaines doctrines et avoir une bonne théologie est devenue la choses la plus importante plutôt que d'avoir un bon style de vie. Et tout ceci vient de ce que le modèle biblique a été abandonné.

L'alternative biblique

Suis-je en train de soutenir qu'il faut prendre un chrétien qui n'est dans la foi que depuis trois mois et en faire un dirigeant de l'église (ce que Paul avait fait) ? Oui, à condition que ces chrétiens remplissent les conditions bibliques requises pour être anciens/superviseurs, et si et seulement si, on leur donne de diriger des églises qui suivent le modèle biblique. Ce qui veut dire que ces églises doivent être avant tout des congrégations nouvellement implantées et qui sont soumises à leur fondateur qui à son tour est un chrétien mûr tel un apôtre qui peut avoir un regard de superviseur[3]. Ainsi, les anciens nouvellement désignés ne sont pas laissés à eux-mêmes.

Deuxièmement, ces congrégations doivent être suffisamment petites pour se rencontrer dans des maisons, comme cela était le cas pour les églises primitives[4]. Les églises sont ainsi beaucoup plus gérables. C'est probablement la raison pour laquelle une des conditions pour devenir ancien/dirigeant est d'être une personne qui gèrent très bien son propre foyer (1 Tim. 3: 4-5). Gérer une petite « maisonnée de foi » n'est pas plus exigeant que de gérer une famille.

Troisièmement, la congrégation doit être composée de membres qui ont répondu dans la repentance à un évangile biblique et qui sont dès lors de vrais disciples du Seigneur Jésus Christ. Cela élimine tous les défis qu'on rencontre lorsqu'on essaie de conduire des brebis qui en réalité sont des boucs.

Et en quatrième lieu, les anciens/pasteurs doivent jouer leur rôle biblique plutôt que culturel. Ceci signifie qu'ils ne doivent pas occuper une position centrale, de toute importance et prééminente[5]. Au contraire, ils doivent être des parties distinctes du corps entier, humbles serviteurs qui enseignent par l'exemple et par les préceptes, et dont le but est de faire des disciples, non en étant des orateurs du dimanche matin, mais en suivant les méthodes de Jésus.

Lorsque ce modèle est suivi, alors certains membres qui ne sont dans la foi que depuis trois mois peuvent être responsables d'églises.

Les édifices d'églises

Qu'en est-il des édifices d'églises ? Ils ne sont qu'une autre « nécessité » moderne dont n'avaient pas besoin les chrétiens de l'église primitive pour réussir. En quoi sont-ils d'une quelconque utilité dans le processus de formation de disciples ?

Quand j'étais pasteur, il m'arrivait de me sentir plus comme un banquier, un exécuteur de contrat et un professionnel collecteur de fonds. J'avais rêvé de bâtiments, cherché des bâtiments, les louer, réfectionner et réparer les vielles constructions lorsque Dieu envoyait de la pluie à travers leurs fissures. Les bâtiments consomment beaucoup de temps et d'énergie. La raison pour laquelle je m'étais impliqué dans cette affaire de bâtiments est que, comme la plupart des pasteurs, je croyais que pour réussir il fallait un édifice où les chrétiens se rassemblent.

Les bâtiments consomment aussi de l'argent, en grande quantité. (Aux Etats-Unis, certaines congrégations dépensent des dizaines de millions sur la construction d'églises). Lorsque mes rêves d'avoir des bâtiments étaient satisfaits, je rêvais toujours du jour où les dettes sur les bâtiments seraient totalement payées pour que nous puissions utiliser cet argent pour le ministère. Il m'était arrivé une fois, alors que j'enseignais à ma congrégation comment être un bon gestionnaire et comment sortir des dettes dans lesquelles j'avais plongé tout le monde, avec l'aide de tous ( Il est certain que j'enseignais par l'exemple !)

La plupart des bâtiments d'églises ne sont utilisés que pendant quelques heures, deux heures ou trois, pendant la semaine. Quelle autre organisation dans le monde peut-elle construire des bâtiments pour les utiliser si peu ? (Réponse : seuls l'occultisme et les fausses religions).

Ce trou suceur d'argent causent beaucoup de problèmes. Un pasteur qui a un bâtiment a toujours besoin d'argent, et cela affecte tout ce qu'il fait. Il est tenté de se confier aux riches (qui souvent donnent sans sacrifice), repoussant tout enseignement qui peut offenser certains et tordant l'écriture pour servir à sa fin. Ses sermons gravitent autour des sujets qui n'empêchent pas les rentrées d'argent et qui encouragent son augmentation. A cause de cela, les chrétiens commencent à penser que les raisons les plus importantes de la chrétienté sont, 1) payer la dîme (que Jésus considère comme l'un des plus petits commandements), 2) être membre d'une église où la dîme est ramassée chaque dimanche. Ceci n'est pas l'image de ceux dont le but est de faire des disciples. Et pourtant, la plupart des pasteurs rêvent des églises où les membres ne feraient que ces deux choses. Si un pasteur avait une congrégation dont la moitié faisait ces deux choses, il écrirait des livres et vendrait ses secrets a des millions d'autres pasteurs !

Ces faits révèlent ce qui suit : Il n'est nulle part mentionné dans les livres des Actes qu'une congrégation a construit un bâtiment. Dans la plupart des cas, les chrétiens se rencontraient dans des maisons.[6] Il n'est nulle part fait mention de la collecte de contributions pour une quelconque construction. Il n'y a aucune instruction dans les épîtres concernant une quelconque construction. En plus, personne ne pensait à construire jusqu'en l'an 300 quand l'église s'est jointe au monde sous l'édit de Constantin. Trois cents ans ! Pensez à cette longue période. Et l'église fleurissait et se multipliait exponentiellement, même aux temps de plus grandes persécutions, tout cela sans bâtiment ! Un tel phénomène s'est répété à plusieurs reprises dans les siècles qui ont suivi. Et cela s'est récemment produit en Chine. Il y a probablement plus d'un million d'églises de maisons en Chine.

Le dimanche à onze heures est l'heure la plus ségrégationniste

Les installations d'une église moderne qui copie le modèle américain doivent possède au moins des espaces séparés pour chaque ministère de groupes d'âges. Pendant l'église primitive, il y avait une séparation entre homme et femmes et il n'était pas question de groupes d'âges. L'église était unie dans tous les sens. La cellule familiale était maintenue unie et la responsabilité spirituelle des parents étaient renforcées par la structure de l'église au lieu qu'elle ne soit érodée comme il en est le cas aujourd'hui par la structure de l'église moderne.

La construction des églises contribue t-elle à faire des disciples ou empêche t-elle de le faire ? Sur le plan historique, faire des disciples pendant des siècles a été une réussite sans ces constructions, et cela pour plusieurs raisons.

Les rencontres dans les maisons au temps de l'église primitive pendant les trois premiers siècles, où il y avait des repas dans la joie, des chansons, des enseignements, où les dons spirituels étaient en oeuvre pendant trois ou cinq heures, offraient un environnement favorisant une réelle croissance spirituelle des croyants. Les membres du corps de Christ avaient envie de participer alors qu'ils étaient assis en face l'un de l'autre, contrairement à ce que ressentent les membres de l'église moderne – comme des spectateurs dans une salle de cinéma, assis et regardant le dos et la nuque de celui qui est devant lui tout en essayant de ne pas rater le spectacle sur la scène. L'atmosphère créée par un repas pris ensemble pousse à la transparence, à des relations authentiques et à la vraie communion et non comme la communion moderne qui ne se résume qu'en une petite poignée de mains échanger avec des étrangers assis quelques bancs plus loin pendant la prédication du pasteur.

Les enseignements étaient plus des sessions de jeux questions – réponses et des discussions ouvertes entre membres égaux au lieu de leçons magistrales données par ceux qui portent des habits particuliers, parlent d'une manière théâtrale et qui se considèrent bien au-dessus de l'auditoire poli (mais souvent ennuyé). Le pasteur n'a pas préparé le sermon. Tout le monde (y compris pasteurs, les anciens et les pasteurs titulaires) peut recevoir l'enseignement que le Saint-Esprit donne.

Lorsque la maison devenait trop étroite, l'ancien ne pensait pas à obtenir un bâtiment plus grand. Au contraire, tout le monde savait que l'heure était venue où le groupe devait se diviser en deux. Il était seulement question de savoir où le Saint-Esprit voulait que le deuxième groupe se réunisse et qui en serait le responsable. Heureusement ils n'avaient pas à prendre des curriculum vitae d'étrangers et des théoriciens sur la croissance pour examiner leurs bases doctrinales... Il y avait déjà parmi eux des aspirants leaders qui avaient reçu une formation sur le tas et qui connaissait déjà les membres de leur petit troupeau. Cette nouvelle église maison avait l'opportunité d'évangéliser dans le nouveau quartier où elle s'implantait et pouvait montrer aux païens ce que les chrétiens étaient – les gens qui s'aimaient les uns les autres. Ils pouvaient aussi facilement inviter les païens à leurs réunions que s'ils les invitaient à un repas.

Le pasteur heureux

Aucun pasteur/ancien/titulaire n'a souffert de l'« épuisement » ministériel parce que dépassé par les responsabilités pastorales comme il en est le cas aujourd'hui dans l'église moderne. (Une étude a affirmé que 1800 pasteurs quittent le ministère par mois aux Etats-Unis). Il n'avait qu'un petit troupeau sur qui veiller, et si ce petit troupeau pourvoyait à ses besoins financiers parce que le ministère était son appel, il avait le temps de prier, de méditer, de prêcher l'évangile aux païens, d'assister les pauvres, de visiter et prier pour les malades et avoir suffisamment du temps pour équiper les nouveaux disciples pour faire toutes ces choses avec lui-même. L'administration de l'église était simple.

Il travaillait en unisson avec les autres pasteurs/anciens/titulaires dans sa région. Personne ne luttait pour avoir la « plus grande église » dans la ville ou entrait en concurrence avec ses pairs pasteurs pour avoir « le meilleur ministère des jeunes » ou « le plus intéressant programme de l'église des enfants ». Les gens n'allaient pas dans des réunions d'église pour juger de la prestation de l'équipe d'adoration ou combien intéressant ou amusant était le pasteur. Ils étaient nés de nouveau et ils aimaient Jésus ainsi que son peuple. Ils aimaient manger ensemble et partager chaque don que Dieu leur avaient accordé. Leur but était d'obéir à Jésus et ils étaient prêts à se tenir devant son trône de jugement.

C'est certain qu'il y avait des problèmes dans les église de maisons et ceux-ci étaient réglés dans les épîtres. Mais beaucoup de ces problèmes qui empoisonnent inévitablement les églises modernes et qui empêchent de faire des disciples étaient inconnus dans l'église primitive simplement parce que leur modèle d'église était tellement différent de ce qu'il était après le troisième siècle et après le moyen âge. Permettez une fois de plus à ce fait de bien entrer dans le cerveau : Il n' y avait aucune construction d'église jusqu'au début du quatrième siècle. Si vous aviez vécu pendant les trois premiers siècles, en quoi votre ministère serait-il différent de ce qu'il est présentement ?

En résumé, plus nous suivons le modèle biblique, plus nous serons efficaces dans l'accomplissement du but de Dieu qui consiste à faire des disciples. Les plus grands obstacles dans la formation de disciples dans les églises aujourd'hui viennent des structures et des pratiques non bibliques.


[1] Il semble très clair que le pasteur (poimain, en grec et qui signifie berger) est l'équivalent d'ancien (en grec presbuteros) et est aussi l'équivalent de superviseur (en grec le nom episkopos, traduit évêque). Paul, par exemple, instruisait les anciens d'Ephèse (anciens = presbuteros) que, selon ses dires, le Saint-Esprit a fait superviseur (episkopos), le berger (du grec le verbe poimain ), le troupeau du Seigneur (Actes 20: 28). Il avait aussi utilisé le terme anciens (presbuteros) et superviseur (episkopos) d'une manière synonyme dans Tite 1: 5-7. Pierre, aussi avait exhorté les anciens (presbuteros) à paître (poimain) le troupeau (Pierre 5: 1-2). L'idée selon laquelle un évêque (traduction d'episkopos) a une fonction plus élevée que celle de pasteur ou d'ancien, et que caussi celui qui supervise plusieurs églises, est une invasion humaine.
[2] L'importance moderne accordée au clergé professionnellement formé est de plusieurs manières un symptôme d'une maladie plus grande, établir l'adéquation entre gagner en connaissance et grandir spirituellement. Nous pensons que la personne qui connaît plus est spirituellement plus mûre, alors que ça peut-être le contraire, simplement rempli d'orgueil à cause de ce qu'il a appris. Paul a écrit « La connaissance rend arrogant » (1 Cor. 8:1). Et c'est sûr qu'une personne qui écoute pendant deux ou trois ans des leçons ennuyeuses est préparé à donner des leçons hebdomadaires ennuyeuses !
[3] Dans sa première lettre à Timothée et sa lettre à Tite, il dit qu'il les a laissé derrière pour qu'ils puissent désigner les anciens/superviseurs dans les églises. Ainsi, Timothée et Tite veillaient sur ces anciens/superviseurs pendant un certain temps. Ils devaient certainement rencontrer ces anciens périodiquement pour leur apprendre à devenir disciples, comme Paul l'a écrit : « Les choses que vous m'avez entendues dire en présence de plusieurs témoins, confie-les à des gens fidèles, qui sont capables d'enseigner aussi les autres » (2 Tim.2: 2).
[4] Voyez Actes 2: 2-4; 5: 42; 8: 3; 12: 12; 1: 40; 20: 20; Rom. 16: 5; 1 Cor. 16: 19; Col.4: 15; Philem. 1: 2; 2 Jean 1: 10.
[5] Il est à noter que les lettres de Paul aux églises étaient adressées à tous dans les diverses et non aux anciens ou superviseurs. Dans seulement deux de ses lettres aux églises Paul a mentionné les anciens/superviseurs. Dans un cas, ils sont cités dans la salutation, les ayant ajoutés pour qu'ils ne pensent pas qu'ils étaient des récipients (Phim. 1: 1). Dans un autre cas, Paul mentionne les pasteurs dans une longue liste de ministres de Dieu qui équipent les saints (Eph. 4: 11-12). Il est aussi notable que Paul ne mentionne pas le rôle des anciens alors qu'il leur donne certaines instructions qui impliquent les anciens, tels que l'administration de la sainte cène, et la résolution de conflits entre les chrétiens. Tout ceci nous amène au fait que les anciens/pasteurs n'occupaient pas occupé le rôle central, et tout important, rôle qu'ils continuent à établir dans les églises les plus modernes.
[6] Voyons 2: 2; 46, 5: 42; 8: 3; 12: 12; 16: 40; 20: 20; Rom.16: 5; 1 Cor.16: 19; Col.4: 15; Philem. 1: 2; 2 Jean 1: 10.

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