NEUF

Lutter contre le péché



«Le péché se couche à la porte et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui» (Gén. 4:7).

Comme nous l'avions souligné dans le chapitre précédent, notre sanctification résulte de l'effort conjugué par Dieu et par nous-mêmes. Plus nous coopérons avec le Père, plus nous croissons à sa ressemblance de Jésus. Il nous donne toute capacité et toute motivation pour être saint. Sa «puissance divine nous a accordé tout ce qu'il nous faut pour la vie et pour la piété» (2 Pierre 1:3). Il nous donne une nouvelle nature et nous guide par son esprit qui demeure en nous. Mais Il nous laisse certaines choses à faire. Nous avons toujours notre libre arbitre. Nous devons suivre l'Esprit qui est en nous et ceci, chaque chrétien le fait à un certain degré. Sinon, il prouve qu'il est un faux chrétien (Romains 8:5-14).

Il est aussi de notre responsabilité de renouveler notre intelligence avec la parole de Dieu, car nous devons connaître la volonté de Dieu avant de la faire. Même en cela, Dieu nous aide à travers le ministère de l'enseignement du Saint-Esprit et les enseignants humains divinement oints. Nous sommes transformés au fur et à mesure que notre pensée est renouvelée par la vérité (Jean 8:31-36; Romains 12:2). Et nous avons aussi le responsabilité d'être non seulement les auditeurs, mais aussi les pratiquants de la parole (Jacques 1:22).

Cet équilibre doit être maintenu. Bien que les écritures parlent de la double responsabilité divine et humaine, beaucoup insiste sur l'une au détriment de l'autre. Historiquement, dans un coté se trouvent ceux qui luttent pour être saints par leurs propres efforts. De l'autre, ceux qui détestent l'idée de la lutte humaine et qui laissent tout entre les mains de Dieu. Les deux parties ont de longues listes de passages bibliques pour se justifier. Mais si chaque partie prenait la peine de regarder sur la liste de l'autre, elles se rendraient compte à quel point toutes les deux ont tort. La vérité se trouve au milieu où les deux listes reçoivent le même honneur. Il n'y a peut-être pas d'autre verset exprimant de la meilleure manière cet équilibre que Phillipiens 2:12-13:

«Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais plus encore maintenant que je suis absent; car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir»

Le fruit que l'esprit produit en nous, c'est l'amour, la joie, la patience, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi. Et c'est seulement lorsque nous coopérons que ces fruits se manifestent dans notre vie. Nous devons faire quelque chose car selon les écritures, il y a trois forces qui s'opposent au fruit:

1. Dieu nous a permis de rester dans «le monde», un monde qui nous pousse à être anxieux, non aimable, impatient, méchant, mauvais, dur et auto-indulgent.

2. Bien que Dieu nous a rempli de son Esprit, donné une nouvelle nature, brisé le pouvoir du péché sur nous, il a aussi permis un résidu du vieil homme que Paul appelle «chair» de rester en nous

3. Bien que nous avons été délivrés du royaume de Satan, et que nous ne sommes plus ses rejetons spirituels, nous nous retrouvons, comme les chrétiens de l'église primitive, dans des arènes remplis de lions rugissants cherchant à nous dévorer (1 Pierre 5:8). Satan et ses cohortes nous tentent et nous harassent afin que nous fassions ce que Dieu nous a interdit.

Ces trois sont donc nos ennemis: le monde, la chair et Satan.

Pourquoi Dieu nous a t-il laisses dans le territoire ennemi?

Si Dieu voulait notre sainteté, pourquoi avoir permis à ces ennemis de vivre avec nous?

Comme il était permis aux nations méchantes de rester en Israël après la mort de Josué, Dieu a aussi permis à nos ennemis de demeurer avec nous afin de nous éprouver (Juges 2:20-3:1). Notre amour et notre obéissance, et donc notre foi, sont mis à l'épreuve. La foi ne peut être testée que là où l'incrédulité est possible. L'amour ne peut être mis en épreuve que là où la haine est une alternative. L'obéissance ne peut être testée que là où la désobéissance est une possibilité. Dieu avait dit aux anciens Israélites:

«S'il se lève au milieu de toi un prophète ou un songeur qui t'annonce un signe ou un prodige, et qu'il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t'a parlé endisant: Allons vers d'autres dieux – des dieux que tu ne connais point- et servons-les! Tu n'écouteras point les paroles de ce prophète ou de ce songeur, car c'est l'Eternel, votre Dieu qui vous met à l'épreuve, pour savoir si vous aimez l'Eternel, votre Dieu, de tout coeur et de toute votre âme. Vous irez après l'Eternel, votre Dieu et vous le craindrez; vous observerez ses commandements, vous obéirez à sa voix et vous le servirez, et vous vous attacherez à lui» (Deuteronome 13:1-4).

C'est incroyable que Dieu ait éprouvé son peuple en utilisant les faux prophète! Mais n'a t-Il pas dit que tout savoir et toute connaissance sont en son pouvoir? Pourquoi doit-Il alors tester?

La raison est celle-ci: pour que Dieu sache ce qui ressort de la liberté morale d'un agent, celui-ci doit être testé à un moment ou à un autre. Seul ce qui peut être connu dans le temps peut faire l'objet d'une prédiction. Par conséquent, nos tentations, nos tests et nos épreuves ont un but dans le plan de Celui qui vit en dehors de temps et de l'espace. Ce sont les moyens par lesquels notre foi est réellement éprouvée. Pierre avait écrit aux chrétiens sous le feu:

«C'est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu'il le faut,, vous soyez attristés pour un petit temps par diverses épreuves, afin que l'épreuve de votre foi, plus précieuse que l'or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la, gloire et l'honneur, lorsque Jésus apparaîtra. Bien-aimés, ne soyez pas surpris comme d'une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l'allégresse lorsque la gloire apparaîtra» (1 Pierre 1:6-7, 4:12-13).

Si ce n'est pas pour une autre raison, nous devons cependant nous réjouir, lorsque nous sommes sous la persécution parce que cela nous permet de montrer notre endurance dans la foi. La foi qui sauve persévère, mais la foi ne peut persévérer que lorsqu'il y a opposition ettentation de ne pas persévérer.

Quelle est notre responsabilite?

Parce que la théologie évangélique moderne est devenue si contaminée par les idées antinomiques, qui tordent la grâce de Dieu et annule la responsabilité humaine, beaucoup de chrétiens professant remettent leurs responsabilités à Dieu. Culpabilisés par le faux enseignement sur la grâce, ils considèrent toute mention de l'effort humain comme un anathème et sous le prétexte de défendre la gloire de Dieu, ils considèrent tout enseignement sur la sainteté comme légalisme. Les oeuvres est un mot sale qui ne doit pas se retrouver dans le vocabulaire chrétien. Et nous ne voulons pas entretenir une quelconque pensée selon laquelle nous pouvons faire n'importe quoi maintenant que le travail de Christ est accompli. C'est ajouter des oeuvres à notre salut (loin de là).

Dans l'espoir de remédier à ce raisonnement non biblique, nous avons compilé une liste de partie significative des passages du Nouveau Testament qui dit au chrétien ce qu'il doit faire. L'élément essentiel de la responsabilité humaine dans le processus de sanctification peut facilement être compris à partir de beaucoup de versets qui contiennent des commandements et des instructions. Quand nous les lisons, nous ne pouvons plus douter que les chrétiens ont un libre arbitre qui leur permet d'être saint. De la même manière, est mise à nu la folie deceux qui veulent que nous croyions que la gloire de Dieu lui est volée lorsque nous faisons de l'effort en vue de la sanctification. En clair, Dieu veut que ceux qui possède son Esprit-Saint puissent faire certaines choses par la puissance de l'esprit. En bref, nous devons lutter contre le péché dans toutes ses formes (Hébreux 12:4). Nous devons poursuivre la sanctification «sans laquelle personne ne verra Dieu»(Hébreux 12:14).

La liste suivante révèle, à partir des quatre évangiles et du livre de Romains, les attentes de Dieu en ce qui concerne nos comportements.

Si le Nouveau Testament déclare qu'un certain comportement est mauvais ou de nature pécheresse, alors Dieu demandera aux gens de rendre compte pour de tels comportements, montrant que la responsabilité humaine est un facteur dans ce comportement erroné.

Bien que vous puissiez être tenté de ne pas faire attention à cette liste, je vous prie, dans votre propre intérêt de la lire lentement. L'impact de cette lecture peut changer votre vie.

Qu'est ce que Dieu veut que nous fassions? Voici la liste. Aucune de ces choses ne pourra survenir dans votre vie à moins que vous ne fassiez ce que Dieu dit de faire.

Dieu veut :

Ceci met fin aux commandements de Jésus dans l'évangile. Ce sont ces chose que nous devons enseigner à obéir aux disciples de Jésus (Matthieu 28:20).

Ces commandements et ces instructions qui ont été donnés aux disciples dans les épîtres ne sont pas, dans leur essence, différents de ce qu'on trouve dans les évangiles.

Nous allons après considérer la responsabilité humaine en partant simplement du livre aux Romains.

Dieu veux que :

Permettez-moi de demander maintenant: la responsabilité humaine existe t-elle pour les chrétiens? Que devons-nous dire à cette personne qui dit qu'elle laisse entre les mains de Dieu la sanctification, de peur de voler la gloire de Dieu et être coupable d'avoir ajouté ses oeuvres pour son salut?

Le combat spirituel.

Chacun des commandements et instructions ci-haut mentionnés ne prouve, non seulement le concept de la responsabilité humaine, mais que chacun de nous avons le choix entre plusieurs alternatives. Nous pouvons choisir de faire ou non ce que Jésus a ordonné. A partir de nos esprits récréés, le Saint-Esprit nous amène à l'obéissance alors que d'autres forces, comme la chair, le monde et Satan nous poussent à désobéir. Nous nous retrouvons donc dans un combat.

Deux choses àpropos de cette guerre dans laquelle nous devons nous engager. Premièrement, les faux chrétiens pensent de fois, et à tort, qu'ils font l'expérience de cette guerre spirituelle. En réalité, cependant, ils connaissent un combat similaire entre leur conscience et leur nature pécheresse. Comme Paul l'avait dit, même les personnes non sauvées ont une conscience qui alternativement, les condamne ou les défend (Romains 2:15). Puisqu'ils l'ont violée à plusieurs reprises, leur conscience est souillée (Tite 1:15), et sa voix devient de plus en plus faible tant qu'ils continuent à ignorer ses avertissements. Les vrais chrétiens pourtant ont une conscience totalement éveillée, et ils ne peuvent ignorer ce qu'elle leur dit constamment. L'Esprit de Dieu guide tous les vraies enfants de Dieu (Romains 8:14).

Le deuxième point est que les chrétiens utilisent souvent le combat spirituel comme une excuse pour le péché. «Nous sommes en guerre», disent-ils «c'est donc inévitable que nous perdions certaines batailles». Cette excuse est assimilable à une autre «Personne n'est parfait, vous savez!»

Dieu est le seul à avoir souverainement permis l'existence du combat spirituel, et la raison de cette existence n'est pas que ses enfants s'adonnent au péché. Au contraire, son dessein est que nous devenions plus que vainqueurs pour sa gloire. Voyons ce que Paul avait dit concernant le combat entre la chair et l'esprit dans Galates 5:16-24:

«Je dis donc: marchez selon l'esprit, et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'esprit, et l'esprit en a de contraire à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. Si vous êtes conduits par l'esprit, vous n'êtes point sous la loi. Or, les oeuvres de la chair sont manifestes, ce sont l'impudicité, l»impureté, la dissolution, l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l'envie, l'ivrognerie, les excès de table et les choses semblables. Je vous dis d'avance, comme je l'ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront point le royaume de Dieu. Mais le fruit de l'esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance; la Loi n'est pas contre ces choses. Ceux qui sont en Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs» (Galates 5:16-24).

Ceci était survenu au point initial du salut, lorsque la foi dans le coeur était manifestée dans la repentance et la soumission à la seigneurie de Christ. A ce moment, d'une façon métaphorique, nous avons cloué notre vieil homme à la croix. Et il doit y rester. Il est toujours vivant et peut bien crier pour se libérer, mais par la puissance du Saint-Esprit, ses appels restent sans réponse.

Dans la chair ou en esprit?

Dans le chapitre huit des Romains, Paul fait la différence entre la personne païenne, qu'il décrit comme étant «dans le chair» et la personne régénérée qu'il dit «être en esprit». Il est très important que nous comprenions ceci. Lisons attentivement les paroles de Paul dans ce passage biblique:

«Car, chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, Dieu a condamné le péché dans la chair, envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi soit accomplie en nous qui marchons, non selon la chair, mais selon l'esprit.» (Romaines 8:3-4)

Remarquez que Paul avait déjà décrit les croyants comme «ceux qui ne marchent pas (qui ne mènent pas leur vie) selon la chair, mais selon l'esprit».

«Car ceux en effet qui vivent selon la chair s'affectionnent aux choses de l'esprit, tandis que ceux qui vivent selon l'esprit s'affectionnent aux choses de l'esprit. Et l'affection de la chair, c'est la mort, tandis que l'affection de l'esprit, c'est la vie et la paix: car l'affection de la chair est l'inimitié contre Dieu, parce qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu et qu'elle ne le peut même pas. Or, ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l'esprit, si du moins l'esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un n'a pas l'esprit de Dieu, il ne lui appartient pas» (Romaines 8:5-9).

En clair, Paul n'oppose pas deux types de chrétiens, ceux qui mettent leur pensée sur la chair et ceux dont la pensée est sur l'esprit. Il oppose plutôt ceux en qui habite le Saint-Esprit, qui ont leur pensée sur l'esprit à ceux qui pensent à la chair - les chrétiens et les non chrétiens.

On peut dire que les chrétiens ont Christ en eux, par la présence du Saint-Esprit, bien qu'ils possèdent encore la nature pécheresse de la chair:

«Et si Christ est en vous, le corps, il est vrai est mort au péché, mais l'esprit est vie à cause de la justice. Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Christ d'entre les morts rendra aussi la vie à nos corps mortels par son Esprit qui habite en vous» (Romains 8:10-11).

Notre corps, que Paul appelle «l'homme extérieur» dans 2 corinthiens 4:16, est «mort» ou en «décomposition» à cause du péché. Mais notre esprit, «l'homme intérieur» est maintenant vivant parce que nous avons été rendus justes. Il est renouvelé chaque jour. Et pourtant nous attendons le jour où l'esprit qui est en nous donnera la vie à notre «corps mortel», et nos corps seront aussi renouvelés. De toue évidence, l'intention de Dieu est que l'esprit en nous domine la chair. Il est destiné à dominer au point de changer notre corps et d'éradiquer complètement notre nature pécheresse.

Finalement, Paul prévient les chrétiens à qui il avait écrit concernant la chair. Par la puissance de l'Esprit en eux, ils peuvent «mettre à mort les oeuvres de leurs corps». Ils doivent ce qui suit:

«Ainsi donc frères, nous ne sommes pas redevables à la chair pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourez; mais si par l'esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. Car tous ceux qui sont conduits par l'esprit de Dieu sont fils de Dieu» (Romains 8:12-14).

Répondez-vous à la description de celui que Paul dit qu'il ne mourra pas, mais vivra - celui qui «par l'esprit fait mourir les oeuvres de la chair?» Alors vous êtes un véritable chrétien. En clair, Paul croyait qu'un vrai chrétien agissait autrement que le non chrétien. Et comme il l'avait dit, ce sont ceux qui sont conduits par l'esprit de Dieu qui sont les vrais fils de Dieu (Romains 8:14).

La réponse à une objection.

Certains peuvent répliquer en disant:«Est-ce que Paul avait-il confessé qu'il avait pratiqué les mêmes péchés qu'il détestait, parlant de lui comme un homme pécheur?»

Oui, Il l'avait fait. Paul l'avait dit dans le septième chapitre aux romains, que nous avions étudié avant le huitième. Les chrétiens ont débattu pendant des siècles pour savoir si Paul parlait de son expérience avant ou après sa conversion. Les contradicteurs aiment présenter les paroles de Paul dans le septième chapitre comme étant le modèle normal de l'expérience chrétienne.

Cependant, lorsque nous lisons ce chapitre avec les deux chapitres adjacents, tous les écrits de Paul, ainsi que le reste du nouveau Testament, on ne peut avoir qu'une seule interprétation raisonnable. Paul ne pouvait avoir parlé que de son expérience avant d'être rempli par le Saint-Esprit. Autrement, dans le chapitre sept, il contredirait ce qu'il a lui-même écrit concernant l'expérience chrétienne normale dans les chapitres six et huit.

Et comme on a si bien demandé: «Si l'homme dans le chapitre sept est un chrétien né de nouveau, qui est alors l'homme dans les chapitres six et huit?» Ce sont évidemment deux personnes totalement différentes.

D'abord, vous remarquez que le thème principal dans le chapitre six est l'incompatibilité entre le péché et la nouvelle créature. Paul a commencé avec cette question rhétorique «devons-nous continuer à péché afin que la grâce abonde?» (6:1). Il a répondu: «Loin de là!» Il a alors écrit sur l'impossibilité qu'un chrétien soit dans une telle condition:«Comment nous qui sommes morts au péché pouvons-nous encore vivre en cela?» (6:2).

Dans les versets qui suivent, Paul a clairement démontré que tous les chrétiens sont unis à Christ par Sa mort et Sa résurrection afin qu'ils puissent marcher «dans la nouveauté de la vie» (6:4), maintenant qu'ils ne sont plus«esclaves du péché» (6:6; 17: 20). Au contraire, ils sont maintenant «libres du péchés» (6:7, 18,22) et «esclaves de la justice» (6:18) et «esclaves de Dieu» (6:22), étant rendus «obéissants de tout coeur à cet enseignement auquel ils sont engagés» (6:17). Le péché n'est plus leur«maître» et ils ne lui permettront pas de régner sur leurs corps en obéissant à leurs désirs (6:12).Mais plutôt, ils doivent présenter leurs membres comme «esclaves de la justice, ce qui a pour résultat la sanctification» (6:19).

Comment le chrétien de ce chapitre six est-il comparable à l'homme du chapitre sept que Paul décrit comme «charnel, totalement esclave du péché» (7:14), qui pratique le mal qu'il ne veut pas faire, fait ce qu'il déteste (7:15,10), L'homme, libéré du péché dans le chapitre six est-il le même que le pêcheur du chapitre sept qui est aussi prisonnier du péché? L'homme du chapitre six, dont le vieil homme a été crucifié avec Christ afin que «son corps de péché puisse périr» est-il le même que celui du chapitre sept qui soupire après celui qui le «libérer de ce corps de la mort» (7:24)? Ceci n'est certainement possible, n'est-ce pas?

En outre, les 14 premiers versets du chapitre 8 que nous avons déjà étudié posent encore plus de questions pour savoir si l'homme du chapitre 7 est un chrétien. Au chapitre 8, Paul a décrit le vrai chrétien comme étant celui «qui ne marche pas selon la chair, mais selon l'esprit» (8:4), dont la pensée est sur le spirituel et non sur le charnel, contrairement à celle du non chrétien. Le vrai chrétien est celui qui n'est pas «dans la chair», mais «dans l'esprit» parce que le Saint-Esprit demeure en lui (8:9). Paul a même mis en garde ceux qui vivent selon la chair qu'ils risquent de mourir, et il a promis à ceux qui «vivent par l'esprit et qui font mourir les oeuvres de la chair dans leur corps qu'ils vivront. Si Paul parlait de sa propre expérience dans le chapitre 7, nous serions tentés de lui dire de lire sa propre lettre afin de savoir comment être sauvé et être libéré du péché! Et à la lumière de ses autres exhortations sur la sainteté, adressées aux autres, nous pourrions le considérer comme un hypocrite qui prêchait «Faites ce que je dis et non ce que je fais».

Paul dans le contexte.

Si Paul pratiquait au moment où il écrivait le mal qu'il détestait, alors il n'était pas lui-même sauvé au regard de sa propre description du païen qu'il fait dans ses lettres (Romains 2:8-9, 1 Cor. 6:9-11, Galates 5:19-21, Eph. 5:5-6).

Selon aussi ce que Jean avait écrit, Paul ne serait pas sauvé: celui qui pratique le péché est du diable...Celui qui ne pratique pas la justice n'est pas de Dieu..» (1 Jean 3:8-10).

Si Paul parlait de sa propre situation en tant que prisonnier du péché, pratiquant le mal, cela surprendrait bien des gens qui ont lu ce qu'il avait écrit à son sujet dans d'autres passages. Bien qu'il avait admis qu'il n'avait pas atteint la perfection (Phil 3:12), il avait écrit aux corinthiens qu'il «n'avait rien à se reprocher» (1 Cor. 4:4) et il avait continué en disant:

«Car ce qui fait notre gloire, c'est ce témoignage de notre conscience, que nous sommes conduits dans le monde, et surtout à votre égard, avec sainteté et pureté devant Dieu, non point avec une sagesse charnelle, mais avec la grâce Dieu» (1 Cor. 1:12).

Aux Thessaloniciens, il avait écrit:

«Vous êtes témoins et Dieu l'est aussi, que nous avons eu envers vous qui croyez une conduite sainte et irréprochable» (1 Thessaloniciens 2:10).

Il avait témoigné auprès de Timothée qu'il avait servi Dieu avec une conscience pure (2 Timothée 1:3). En lisant l'histoire de Paul et ses lettres, on a l'impression qu'il était vraiment un homme comme Christ[1]. Sa dévotion ne peut être comparable qu'à celle de Jésus, dans tout le Nouveau Testament. Comment pouvons-nous alors imaginer qu'il pratiquait lepéché?

La seule conclusion adéquate que nous pouvons tirer de toutes ces preuves est que Paul parlait de son expérience antérieure à sa conversion.

«Mais Paul n'avait-il pas écrit le chapitre 7 au temps présent? Cela ne prouve t-il pas qu'il écrivait àpropos de sa condition en ce moment-là?», peuvent demander certains.

Non, le temps utilisé par Paul ne prouve rien. Nous utilisons souvent le temps présent pour raconter les expériences du passé. Je peux raconter une histoire sur une pêche qui a eu lieu il y a dix ans en disant: «Et me voici dans la barque, à l'endroit le plus favori du lac. Soudain, je sens un petit coup sur mon hameçon. Je ne sais pas si c'est un poisson ou un problème. Alors, une autre attaque. Je commence à remonter le plus gros poisson que je n'ai jamais attrapé. C'est plutôt une guitare basse de très grande taille. Pauvre de moi! Qui me délivrera de ce sport des fous!»

«Mais Paul n'avait-il pas dit dans Romains 7 qu'il faisait le mal qu'il ne voulait pas commettre? Ce n'est pas lui qui avait dit «je prends plaisir à la loi de Dieu avec mon être intérieur» (7:22)?

Comment en tant personne non sauvée pouvait-il dire de telles choses? Les incrédules ne sont-ils pas totalement méchants et dépravés?

Rappelez-vous que Paul était un juif pharisien très zélé avant son salut. Contrairement à tous les autres païens, il faisait tout ce qu'il pouvait pour obéir à la loi de Dieu, au point de persécuter l'église! Mais il avait découvert que quels que soient ses efforts, il ne pouvait pas atteindre les requis de Dieu. Il était esclave du péché. Il avait fini par comprendre qu'il ne pourrait jamais être saint sans l'aide surnaturelle du Saint-Esprit. En vérité, il n'y a personne de plus misérable que celui qui essaie de vivre selon les requis de Dieu, mais qui n'est pas né de nouveau [2]!

Les "chretiens" de Romains 7.

Il est vraiment regrettable de constater que, malgré tout ce que Jean, Pierre, Jacques, Jude et Paul ont dit qui contredit l'idée selon laquelle l'homme dans Romains 7 était né de nouveau, beaucoup de gens croit qu'il l'était. La raison n'est pas une référence biblique qui prouve une telle vue, mais à cause de la multitude de ceux qui se disent chrétiens et qui s'identifient avec l'homme de Romains 7,pratiquant ce qu'ils détestent et liés par le péché. Ils interprètent ce passage en se basant sur leur expérience avec cette logique: «Je suis identique à l»homme de Romains 7. Je suis chrétien, donc cet homme l'était aussi».

Cette mauvaise interprétation de Romains 7 soutiens la foi chancelante de beaucoup de ceux qui n'ont pas encore fait l'expérience de la libération de la puissance du péché que Paul avait promis dans Romains 6 et 8 et dont il avait joui tout le long de sa vie chrétienne. C»est une grande tragédie si, à la lumière de la merveilleuse grâce de Dieu qui est gratuitement mise à la disposition de tous, à travers Jésus-Christ, si les gens ne peuvent pas venir à lui selon Ses conditions, avec une foi vivante et soumise.

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Traduit par Église de Maison.com   Nous aimerions lire vos commentaires : cliquez ici